L’Algérie se prépare aux séismes destructeurs. Depuis le tremblement de terre meurtrier de Boumerdès en mai 2003, le gouvernement s’est doté de nouveaux moyens pour prévenir le risque sismique. Cette mission est confiée au Centre national de recherche appliquée en génie parasismique (CGS).
Laboratoire de génie parasismique par algerie-tsa
« Le CGS a commencé ses activités en 1987, mais en fait l’idée de la création d’un centre spécialisé dans la prévention du risque sismique remonte à 1980 suite au séisme de Chlef. Le centre est sous la tutelle du ministère de l’habitat », explique Mohamed Belazougui, son directeur. Sa mission : prévenir le risque sismique en Algérie. Le Centre s’occupe des études destinées à réduire le risque sismique, la formation, l’information et surtout la recherche expérimentale.
« Pour faire des recherches expérimentales, il faut disposer des moyens nécessaires, d’où l’idée de créer un laboratoire de génie parasismique », indique Belazougui.
Unique en Afrique et dans le monde arabe, le laboratoire algérien de génie parasismique, situé dans la commune de Sebbala à Alger, réalise essentiellement des tests sismiques, c’est-à-dire la simulation de séismes sur modèles réduits, afin de tester la résistance des spécimens réalisés à cet effet.
Doté d’équipements ultra lourds, le laboratoire de génie parasismique est composé principalement d’une table vibrante, appelée aussi simulateur de séismes, d’une dalle d’essais et d’un mur de réaction, le tout régit par un matériel ultra sophistiqué.
La table vibrante
Fixation de la table vibrante
La table vibrante ou simulateur de séisme après fixation (6 m x 6 m)
« La table vibrante, c’est-à-dire la table de simulation de séisme a une capacité très importante, c’est une table de 6m sur 6m et qui a 6 degrés de liberté : 3° de liberté en translation, donc les mouvements suivent 3 axes, X Y Z, et aussi 3° en rotation, autour des trois axes, X Y Z, également », explique M. Belazougui.
Le projet d’acquérir cette table a été lancé après le séisme meurtrier qui a frappé la région de Boumerdès en 2003. Elle a coûté 600 millions de dinars et pèse 40 tonnes, selon le patron du CGS
« La table peut être utilisée aussi pour les essais de qualification des équipements, comme les panneaux solaires, les équipements industriels, qui doivent fonctionner en zones sismiques, et qui doivent être testés auparavant pour prévenir leur détérioration. Ce sont des équipements qui coûtent très chers », détaille Belazougui.
Dalle d’essais
Dalle d’essais (32 m)
« Il y a aussi la dalle d’essais qui fait 32 mètres, elle se trouve entre la table vibrante et le mur de réactions, sur laquelle on peut essayer, à échelle réelle ou à échelle réduite également, des éléments de structures », ajoute le directeur.
Mur de réactions
Mur de réactions (15 m de hauteur)
Test sur le mur de réaction
« Ici par contre on peut faire des essais sur modèles réels, à échelle 1 sur 1. Comme il a 15 mètres de hauteur, on peut construire devant lui, à une certaine distance (2 ou 3 mètres), on peut essayer des bâtiments jusqu’à R+3, voire même R+4 », poursuit M.Belazougui.
Le sous-sol
Partie inférieure de la table vibrante
Fondements du mur de réaction
Au sous-sol du laboratoire se trouvent des machines ultra puissantes et complexes ; un réservoir d’huile qui peut contenir jusqu’à 30 000 litre, une importante tuyauterie pour chauffer l’huile, des moteurs pour exciter la table vibrante, la continuité du mur de réaction…
Test sur modèle réduit
« Cette recherche expérimentale a démarré il y a deux ans, on est en train d’essayer de maitriser le maximum de phases de ce type de recherche, avec une équipe japonaise. Il y a également des essais qui ont été effectués sur les gradins du stade olympique, suite à l’accident qui est arrivé il y a deux ans. Tous les gradins ont été reconstruits », affirme notre interlocuteur.
Test laboratoire parasismique par algerie-tsa
Des spécimens ainsi que des essais pour la grande mosquée d’Alger sont en cours de préparation pour réaliser d’autres tests, selon M. Belazougui. « Nous sommes en train de préparer des essais pour des éléments de la mosquée d’Alger, essentiellement les revêtements d’un certain nombre de bâtiments de la mosquée, il y a également des projets de recherche expérimentale, qui sont inscrits et qu’on va réaliser avec une équipe japonaise », poursuit le directeur du CGS.
« Tous les essais se font sur des modèles réduits : les barrages, les ponts, tous les bâtiments, les tours, les ouvrages complexes et toutes possibilités d’installations », ajoute Belazougui.
De plus, le CGS sert de pivot à l’ensemble des actions de réduction du risque sismique en Algérie, à travers le développement de la recherche en génie parasismique. Il vise également à l’amélioration des études en vue de réduire les risques sismiques, la réglementation technique et en particulier la réglementation parasismique. Cette dernière définit les règles à suivre pour réaliser des bâtiments et des ouvrages capables de résister aux séismes. Le nord du pays est extrêmement exposé aux tremblement de terre destructeurs.
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Le CGS sert aussi à informer et former les cadres techniques nationaux à la pratique du génie parasismique et de la réduction du risque sismique. À son ouverture le CGS employait 7 personnes, aujourd’hui il emploi 143 collaborateurs, dont 53 chercheurs.
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