L’islam s’invite dans la dernière semaine de la campagne de la primaire socialiste

Battu par Benoît Hamon au premier tour de la primaire de gauche, Manuel Valls a rapidement engagé une campagne contre son adversaire, déclarant dès dimanche soir que les Français allaient devoir choisir entre « des promesses irréalisables » et une « gauche crédible ».

La position de Benoît Hamon sur l’islam fait également l’objet de vives attaques de la part de l’ex-Premier ministre. Lundi, le candidat déclarait sur France Inter qu’il fallait arrêter « de faire de l’islam un problème de la République ». Avant d’expliquer : « Ce que je n’accepte pas aujourd’hui, c’est que derrière ce mot communautarisme, c’est le choix de vie de ceux qui décident de vivre entre soi, et je le regrette, il y ait une volonté de dire que l’islam est incompatible avec la République. Ça n’est pas vrai ! C’est insupportable aujourd’hui qu’on continue à faire de la foi de millions de nos compatriotes un problème de la société française ».

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Après la diffusion récente sur France 2 d’un reportage montrant l’absence des femmes en certains lieux publics à Sevran, en Seine Saint-Denis, Benoît Hamon, député des Yvelines, avait affirmé qu’il s’agissait plus de questions sociales que religieuses : « Si on parle des cafés, il y a deux choses. Historiquement, dans les cafés ouvriers, il n’y a pas de femme. Là, en l’occurrence, on parle de cafés à Sevran parce qu’on estime que l’espace public est confisqué aux femmes parce qu’il serait à majorité musulmane ».

Benoît Hamon avait précisé : « Il y a aujourd’hui une pression faite sur certaines femmes par des fondamentalistes religieux, ils existent et je ne les ignore pas », avant d’ajouter qu’il souhaitait que l’on arrête de « créer des guerres tout le temps. Oui il y a des problèmes, mais ce n’est pas en jetant l’opprobre systématiquement qu’on arrivera à le résoudre », selon des propos rapportés par RTL.

En référence à ces propos, Manuel Valls a déclaré mardi sur France Info vouloir défendre sa « vision de la laïcité », expliquant qu' »il ne peut pas y avoir dans notre République, un interdit vis-à-vis de femmes, dans des lieux publics ou dans l’espace public », et ajoutant « qu’il y a des ambiguïtés, des risques d’accommodement », de la part de Benoît Hamon. « Il ne peut pas y avoir le moindre compromis avec les communautarismes et avec ces pratiques qui concernent nos femmes. ».

Benoît Hamon, dénonçant une « vision dévoyée de la laïcité » chez Manuel Valls, a rétorqué sur RFI : « On me fait le procès de quoi ? D’être élu de banlieue, d’être confronté à la réalité de ce communautarisme que je combats, autrement que par des mots », lançant au sujet de Manuel Valls : « C’est le Conseil d’État qui lui a rappelé ce qu’était la loi sur le burkini quand il s’est porté au secours des maires interdisant le burkini. »

Sur Europe 1, le candidat a ensuite ajouté trouver ces accusations « très graves » : « Non seulement (elles) me heurtent, mais (elles) me révoltent ».

En juillet dernier, Benoît Hamon avait dénoncé dans Libération « un climat éruptif dès qu’on aborde les questions liées à l’islam et à l’identité. Il y a une forme d’hystérie politique très dangereuse. »

Dans le camp de Valls, un ministre sous couvert d’anonymat a aussi qualifié dimanche soir Benoît Hamon de « candidat des Frères musulmans », selon Libération. Pour Malek Boutih, soutien de Manuel Valls, « Benoît Hamon est en résonance avec une frange islamo-gauchiste et fait un appel du pied électoral. C’est une stratégie d’attrape-tout. Pour obtenir un vote, tout est valable. C’est le pire des discours possibles, un discours de faiblesse », selon des propos rapportés par 20minutes.

Selon plusieurs médias, cette utilisation de l’islam contre le candidat rappelle la campagne faite contre Alain Juppé, surnommé « Ali Juppé » en vue d’attirer une part des votes de droite. Ce soir, les deux candidats vont s’affronter dans un ultime débat avant le second tour de dimanche. Manuel Vallas devrait renouveler ses attaques sur la question de l’islam.

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