Bouraâda : « Chez nous, on prépare l’athlète à la dernière minute »

Dans une discipline difficile et exigeante comme le décathlon, réservée par excellence aux pays riches, eu égard à sa complexité nécessitant des équipements, des ressources humaines et techniques colossales, la présence de Larbi Bouraâda dans le Top 5 de Rio est un défi et un exploit gigantesque. Dans ce classement prestigieux de « superman », l’Algérien est entouré d’athlètes américains, français, allemands et autres canadiens. Rien que ça.

Il est clair qu’au départ il n’a pas les mêmes moyens que ses concurrents, ce qui donne toute sa valeur à sa performance qui finalement vaut toutes les médailles. Surtout lorsqu’on sait dans quelles conditions il a préparé ces joutes.

« On manque de moyens pour atteindre le niveau mondial. Les Jeux olympiques se préparent pendant deux à trois ans et non pas en trois mois. L’athlète pétri de qualités et qui a prouvé à plusieurs fois devrait être pris en charge dans le moindre détail pour qu’il puisse se concentrer sur sa discipline et pouvoir rivaliser avec les meilleurs. Malheureusement ce n’est pas le cas chez nous », a déploré Bouraâda au lendemain de la compétition dans un entretien accordé à l’envoyé spécial de l’APS.

Visiblement, le décathlonien algérien en a gros sur le cœur. « À l’approche d’un événement sportif, on court à gauche et à droite et on tente de préparer l’athlète à la dernière minute. Nous sommes très loin du niveau mondial », constate-t-il avant de confier qu’il a eu beaucoup de problèmes pour avoir à ses côtés son entraîneur adjoint Hocine Mohamed.

En dépit de toutes ces entraves et ces impondérables, Bouraâda a réussi à battre son record d’Afrique. « Je suis très content de ma performance, ce n’est pas chose facile de se classer dans les cinq premiers aux JO. Certes, j’aurais aimé décrocher une médaille olympique mais le manque de moyens et de compétition ainsi que la blessure m’ont empêché de réaliser mon objectif, j’espère que le peuple va me comprendre. Il y a beaucoup qui ne connaissent pas le décathlon, c’est une discipline très difficile », explique-t-il.

Il va sans dire qu’avec plus de soutien et d’encouragements, Bouraâda aurait titillé le champion olympique, l’Américain Eaton, si l’on ose une projection dans la fiction. Une fiction qui peut devenir réalité si on s’occupe de lui sérieusement. « J’ai besoin d’aide de la fédération, des moyens pour travailler et progresser. Je veux des moyens de récupération et du matériel d’entraînement. Je veux aussi disposer d’un kinésithérapeute, c’est la moindre des choses pour un athlète de l’équipe nationale », lance-t-il. Reste à savoir si son appel aura un écho.

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