Le président américain Donald Trump a signé, ce vendredi, un décret présidentiel interdisant pendant au moins trois mois l’octroi de visas pour les ressortissants de sept pays, avec pour objectif de « protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis ». Les sept pays en question sont l’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Le décret présidentiel prévoit également de suspendre pour une durée d’au moins quatre mois l’accueil des réfugiés sur le sol américain, et la suspension pour une durée indéterminée des réfugiés syriens musulmans, en accordant la priorité aux ressortissants chrétiens.
Si l’amalgame entre ces pays à majorité musulmane et le terrorisme n’était pas assez évident, le président Trump a fait en sorte que la connexion soit d’autant plus limpide. « J’établis de nouvelles mesures de contrôle pour garder en dehors des États-Unis les terroristes islamiques radicaux », a déclaré le président républicain. « Nous voulons être sûrs que nous ne laissons pas entrer dans notre pays les mêmes menaces que celles que nos soldats combattent à l’étranger […] Nous n’oublierons jamais les leçons du 11-Septembre » 2001, a-t-il ajouté.
L’annonce de la décision a déclenché une vague d’indignation de la part du camp démocrate et de la communauté internationale. Nombreux ont été ceux qui ont signalé que l’interdiction de visas ne concernait aucun des pays dont les ressortissants ont été impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001. La majorité des terroristes durant les attaques provenaient d’Arabie saoudite, les autres venaient quant à eux d’Égypte, des Émirats arabes unis et du Liban, rappelle le New York Times.
Le New York Daily News souligne également qu’aucun ressortissant des pays exclus n’a été impliqué dans le meurtre d’Américain sur le sol américain entre 1975 et 2015. Plus révélateur encore, le quotidien signale qu’aucun des pays musulmans liés à l’empire professionnel construit par le magnat des affaires Donald Trump n’a été inclus dans la liste, notamment l’Arabie saoudite, la Turquie ou encore l’Égypte ou les Émirats. Quoi qu’il en soit, le décret présidentiel signé par Trump risque de ne pas résister un passage devant la justice. Un op-ed du New York Times signé par un analyste en politiques d’immigration affirme en effet que l’interdiction imposée par Trump a été rendue illégale par une loi du congrès empêchant la discrimination des migrants à partir de leurs origines.
Malgré tout, et même dans le cas où elle venait à être annulée par un tribunal fédéral américain, la décision du président Trump pourrait déjà laisser des séquelles dans les régions affectées par le fléau du terrorisme. En plus d’affecter la crédibilité et le rayonnement des États-Unis sur la scène internationale, la discrimination évidente dont font l’objet les communautés musulmanes dans des régions sinistrées par la guerre telles que la Syrie et l’Irak fait figure de pain béni pour des groupes extrémistes tels que l’État islamique ou Al-Qaïda. Ces derniers ne se priveront pas du prétexte offert par le nouveau président américain pour accentuer les divisions entre les communautés musulmanes et chrétiennes locales. Plus tragique encore, des politiques discriminatoires aussi flagrantes contre les communautés musulmanes seront à n’en pas douter mises sur le devant de la scène dans les campagnes de recrutement et de propagande, permettant à un mouvement terroriste à bout de souffle d’étoffer à nouveau ses rangs plutôt que de connaître l’extinction.
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