La FAF doit « donner des explications » aux Algériens sur l’élimination des Verts de la CAN 2017, a affirmé, mardi 24 janvier, El Hadi Ould Ali. Pour le ministre de la Jeunesse et des Sports, cet échec incombe surtout à l’instance dirigée par Mohamed Raouroua.
Pour le ministre, le coupable est donc tout désigné : Mohamed Raouraoua. Mais il se trompe : la responsabilité de l’élimination précoce des Verts de la CAN 2017 et les mauvaises performances de l’équipe nationale depuis plus de deux ans n’incombent pas uniquement au président de la FAF. Ni d’ailleurs aux joueurs et encore moins aux entraîneurs qui se sont succédés depuis le départ de Vahid Halilhodzic en 2014.
Globalement, les camarades de Mahrez ne sont pas mauvais. L’EN occupe les premières places du classement FIFA depuis plusieurs années. Il y a deux ans, elle s’était brillamment qualifiée aux huitièmes de finale du Mondial 2014 où elle a été difficilement éliminée par l’Allemagne, future championne du monde. Des joueurs comme Mahrez, Slimani, ou Bentaleb jouent dans les meilleurs championnats européens. Leurs performances sont saluées par les spécialistes.
| LIRE AUSSI : EN : cinq matches officiels sans victoire, l’heure est grave
Aujourd’hui, il ne faut pas se contenter de juger uniquement la prestation des Verts lors de la CAN ou les éliminatoires du Mondial 2018. Ce qu’il faut regarder et juger, c’est la situation catastrophique dans laquelle baigne aujourd’hui le football algérien depuis des décennies. Le football est gangrené par la corruption et la violence. Les infrastructures sportives sont à l’abandon et nous n’avons pas même un stade digne de ce nom pour les matches de l’équipe nationale. Nos clubs ne forment plus de joueurs sérieux.
En faisant venir des joueurs nés et formés à l’étranger -notamment en France- pour constituer un onze national compétitif, Raouraoua est seulement coupable d’avoir choisi la solution de facilité au détriment du travail à long terme. En fait, il est coupable d’avoir comblé momentanément l’incapacité des autorités à doter le pays d’une véritable politique dans le domaine du sport. Le football n’est pas la seule discipline concernée par le déclin et le bricolage.
Mohamed Rouaroua a peut-être aussi commis des erreurs de casting dans le recrutement des entraîneurs. Ses choix sont certes discutables. Mais il n’est pas responsable du déclin du football national. Cette responsabilité incombe au gouvernement. C’est lui qui doit rendre des comptes au peuple au lieu de désigner les joueurs et le président de la FAF à la vindicte populaire.
Sur le même sujet :
- EN : une instabilité chronique
- Le royaume de Raouraoua s’effondre
- EN : tout le staff technique remercié
- CAN 2017 : entre ennuis et critiques
- Équipe nationale : 40 millions de sélectionneurs
Cet article Élimination des Verts : qui doit rendre des comptes ? est apparu en premier sur TSA Algérie.