Le Salon international de l’automobile d’Alger se tient traditionnellement en mars de chaque année. L’édition de 2016, prévue du 17 au 26 mars, s’annonce morose. En effet, de nombreux concessionnaires ne participeront tout simplement pas à la « foire de l’auto », organisée à la Safex. D’autres ne présenteront qu’un nombre restreint de modèles et se contenteront d’une participation symbolique. Au total, selon l’un d’entre eux, près d’une vingtaine de concessionnaires sont dans l’incapacité de présenter des véhicules.
Pire, bon nombre d’entreprises rencontrent de graves difficultés financières en raison du blocage du marché et des importations automobiles. Certains concessionnaires n’ont d’autre choix que de recourir aux licenciements, faute d’activité. En conséquence, le consommateur algérien risque de se retrouver avec un salon de l’automobile sans… automobiles.
Une « nouvelle année blanche » en perspective
Dans un courrier adressé à TSA, le concessionnaire Jamal SPA, représentant officiel de la marque Mazda, annonce qu’il ne sera pas présent au salon de l’automobile pour des « raisons strictement budgétaires » et « la non-disponibilité des véhicules à exposer (stocks épuisés) » .
L’introduction du nouveau cahier des charges sur les normes automobiles et l’activité de concessionnaire a paralysé les acteurs du marché. Pour ne rien arranger, le renouvellement des agréments se fait toujours attendre pour plusieurs concessionnaires. Enfin, la mise en place des licences d’importation (quotas de véhicules), qui tardent à être attribuées, finit d’achever les espoirs de reprise dans le secteur.
« Cette situation aura pour conséquence directe de renforcer le spectre d’une année blanche », s’inquiète le représentant de Mazda. Plus inquiétant, « le flou qui caractérise actuellement le marché (…) et le manque de visibilité (…) fait planer un doute sérieux sur l’avenir de notre activité », poursuit la même source.
Des licenciements en masse
En effet, confrontés à de graves difficultés financières, certains concessionnaires sont menacés. En conséquence, plusieurs d’entre eux réduisent leurs effectifs. C’est le cas du représentant de Ford, Kia et Suzuki, à savoir le groupe Elsecom.
Plusieurs centaines d’employés sont licenciés, faute d’activité. Une question de survie pour les entreprises. De son côté, le représentant de Mazda regrette également ces « grandes difficultés ayant pour conséquence regrettable la réduction des emplois directs et indirects ». Jamal SPA compte d’ailleurs « réorienter son activité » et ce « afin d’éviter la cessation d’activité ».
« Le Salon de l’auto ? Quel salon de l’auto ? »
Dans ces conditions, la participation au salon de l’automobile ne figure pas, pour le moins que l’on puisse dire, parmi les priorités des concessionnaires. Contacté par TSA, le PDG d’Elsecom, Abderrahmane Achaibou affirme que « la participation à un tel événement ne présente aucun intérêt. Il n’y a pas de véhicules à vendre, en raison de l’épuisement des stocks, et surtout aucune nouveauté à présenter, en raison des blocages des importations et des délais d’homologation (3 mois au minimum) ».
Il faudrait dans ce cas réduire la taille des stands et le nombre de véhicules, ce qui nuirait à l’image de marque des constructeurs et placerait les concessionnaires dans une position délicate vis-à-vis de leurs fournisseurs, estime-t-il. Or, la participation au salon coûte cher (location du matériel) et, au vu du nombre restreint de véhicules disponibles, ne serait pas rentable.
Achaibou suggère un report de la manifestation à novembre 2016, le temps que les importations soient débloquées. De son côté, le président de l’Association des concessionnaires algériens (AC2A), Sefiane Hasnaoui, également représentant de la marque Nissan, minimise les annulations des participations. Il cite plusieurs concessionnaires qui comptent se maintenir au Salon de l’auto, à l’image de Renault, Peugeot, Sovac, Nissan ou Hyundai. Sur le report du salon, Hasnaoui affirme que ce sera impossible à mettre en place, en raison de l’agenda chargé de la Safex.
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