Politique énergétique : les nouvelles orientations de Boutelifka analysées par Nazim Zouioueche, ancien PDG de Sonatrach

Le président Bouteflika a tenu hier un Conseil interministériel consacré à la politique nationale du gaz. Pourquoi une telle réunion ?     

Cette réunion ressemble beaucoup à un Conseil national de l’énergie. Les orientations données par le Président sont extrêmement importantes. Le premier message à retenir, c’est cet appel à activer et à renforcer les activités de recherche et d’exploitation dans le domaine des hydrocarbures. Il a parlé du gaz , mais c’est identique pour le pétrole. Le Président préconise de limiter le temps des remises à niveau des gisements déjà en exploitation et éviter les retards dans le développement des ressources. C’est un message essentiel. Prenez le cas des trois gisements de gaz qui ont été découverts en 2006 à In Salah en partenariat avec Repsol, Total et Gaz de France, qui ne sont toujours pas  mis en exploitation.

Le Président a demandé l’intensification de la prospection des ressources en gaz naturel. Cela signifie quoi concrètement ?

Cela signifie qu’il faut travailler plus et mieux, qu’il ne faut pas hésiter à renfoncer les activités aussi bien pour les projets lancés par les Algériens que pour ceux menés en partenariat. Il y a des choses qui doivent se faire, d’autres qui sont appelées à être corrigées. Preuve en est, les résultats du dernier appel d’offres pour l’exploration d’hydrocarbures ont été lamentables.

Que faut-il corriger justement ?

Il faut regarder qu’elles sont les conditions que nous avons émises. Qu’est-ce que nous avons proposé et voir si cela convenait exactement à ce qui était attendu. Il faut analyser les succès comme les échecs. Cette démarche peut être très profitable pour le pays.

Les énergies renouvelables deviennent une priorité nationale, selon le communiqué. Ce n’était pas le cas avant ?

L’énergie renouvelable et notre devenir énergétique. Nous avons assisté à des déclarations contradictoires dans le passé concernant le recours à cette énergie. J’espère  qu’avec des orientations aussi claires, on va avancer dans ce domaine. D’autre pays  ont investi dans  le renouvelable. Il n’y a aucune raison pour l’Algérie de ne pas leur emboîter le pas. Travailler  sur les énergies renouvelables c’est extrêmement bénéfique, pour la simple raison que  nous disposerons de réserves infinies. Le soleil  n’arrêtera jamais de briller et le vent de souffler.

L’Algérie a-t-elle tourné la page du  gaz de schiste ?

Ce n’est pas noir  ou blanc.   Pour le gaz de schiste on a besoin de travailler, de mener des études  pour savoir  exactement ce que nous avons  et ce que nous pouvons produire.   Cette phase peut demander  deux  ou  trois décennies mais il faut continuer à travailler le gaz de schiste. Un jour ou l’autre  on l’utilisera.

Comment rationaliser la consommation nationale d’énergie ?

C’est un autre point important abordé dans la réunion.  Cela veut dire  en clair qu’il  faut  faire des économies d’énergie.  En Algérie nous  avons travaillé sans tenir  compte de ce détail.  On continue de brûler  du gaz à la torche,  ce qui  n’est  pas normal.

Le président a-t-il réorienté la politique nationale dans le domaine du gaz en tenant compte de l’évolution du marché international ?

 Il s’agit plutôt  d’une  précision,  une remise sur les bonnes raille, de cette politique du gaz.  Ce qui est dit pour le  gaz  est valable pour l’énergie d’une manière générale. Il  ne  faut pas qu’on se fasse piéger  et qu’on perde nos parts de marché sur le marché international du  gaz.  C’est important  de faire dans la conservation de l’énergie,  mais il faut aussi se battre pour que nous conservions nos parts de marché. C’est-à-dire qu’il faut  être pragmatique. Il faut savoir s’adapter.

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