Accord Algérie – UE : réviser un accord inéquitable

La confusion autour des accords douaniers avec l’Union européenne a été levée hier par la Direction générale des douanes. L’Algérie n’a finalement pas suspendu de manière unilatérale son accord avec l’Union européenne, avec les conséquences désastreuses que cela aurait pu engendrer. Il s’agissait simplement d’une maladresse de la Direction des douanes dans la rédaction d’une précision établie suite à l’introduction des licences d’importations.

Raisonnablement, cela ne pouvait être autre qu’un simple malentendu. L’Union européenne est le premier partenaire économique de l’Algérie. elle représente plus de la moitié des échanges commerciaux de l’Algérie. Une rupture unilatérale de l’accord aurait relevé de la démence, avec des conséquences catastrophiques en termes de crédibilité sur la scène internationale, sans parler des effets désastreux que cela aurait pu avoir sur l’inflation et sur l’économie en général.

Néanmoins, ce n’est pas une raison pour fermer ce chapitre et accepter l’ordre établi par l’accord d’association Algérie-UE. En l’état actuel, l’accord est à sens unique au profit de l’Union européenne. L’accord a été signé le 19 décembre 2001, à une période où le pouvoir algérien cherchait désespérément à redorer son blason sur la scène internationale après une période extrêmement difficile pour le pays, frappé notamment par une crise économique et par la Décennie noire.

Censé être « basé sur la réciprocité des intérêts et sur les avantages mutuellement partagés », le constat dix ans après son entrée en vigueur en 2005 reste sans appel. Les hydrocarbures continuent de représenter 97 % des exportations algériennes vers l’Union européenne. Sur la période de dix ans, les exportations vers l’UE hors-hydrocarbures ont représenté 12.3 milliards de dollars seulement, alors que les importations en provenance de l’UE se sont établies à près de 195 milliards de dollars.

Le déséquilibre en défaveur de l’Algérie est gigantesque. Pendant dix années, l’Algérie n’aura représenté rien d’autre qu’un marché supplémentaire dans lequel l’UE vendait ses produits.  C’est dans ce contexte que le gouvernement algérien a officiellement demandé en octobre dernier à l’Union européenne « une évaluation du volet économique et commercial de l’accord ». « Dans ce partenariat, l’Algérie a donné plus qu’elle a reçu », soulignait déjà en juin 2015 le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, lors de la 9e réunion du Conseil d’association Algérie-UE.

Une réunion du Comité d’association entre l’Algérie et l’UE a même été organisée ce jeudi 25 février à Bruxelles. L’équité devrait être le maître-mot lors des discussions. S’il est évident que l’Algérie aura du mal à combler le déséquilibre entre les importations de l’UE et les exportations hors-hydrocarbures vers l’UE, d’autres solutions sont envisageables pour rendre cet accord mutuellement bénéfique pour les deux parties.

Symbole d’un partenariat à sens unique en faveur de l’UE, l’accord en vigueur évoque seulement l’engagement de l’Union européenne à « atténuer les effets négatifs du démantèlement tarifaire ». L’UE devrait néanmoins être en mesure de faire beaucoup plus, et apporter une contribution positive significative à l’Algérie. La forme que prendrait cette contribution devra être déterminée par les deux parties. Il en va du salut de l’Algérie à l’aube d’une crise économique majeure suite à l’effondrement des cours du pétrole, et les pays de l’Union européenne ont tout intérêt à ce que l’économie algérienne ne s’écroule pas. Au risque d’ouvrir, dans le cas contraire, la boite de Pandore.

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