Une série d’erreurs tragiques à l’origine du crash d’Air Algérie

Une série de manquements de la compagnie Air Algérie est à l’origine de l’accident, le 24 juillet dernier au-dessus du Mali, du vol de Ouagadougou (Burkina Faso) – Alger, selon l’enquête judiciaire menée en France, rapporte Le Figaro dans son édition à paraître vendredi 3 juillet.

« La cause principale de l’accident réside dans la non-activation du système d’antigivre des sondes moteur, alors que la température extérieure et la zone humide traversée requéraient sa mise en place », écrit le journal français qui a eu accès aux conclusions de l’enquête présentée mardi aux familles des victimes.

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) avait déjà annoncé en avril que l’équipage n’avait vraisemblablement pas activé ce système, conduisant au dysfonctionnement de certains capteurs.

« Autre bévue fatale : pour tenter de récupérer l’assiette de l’appareil, le pilote tire le manche en arrière au lieu de le pousser en avant, ce qui amplifie le décrochage. L’avion tombe à plat sur le sol », selon les conclusions de l’enquête.

Selon l’enquête, le pilote et le copilote étaient des saisonniers. « Durant six mois de l’année, ils exerçaient un autre métier. La pratique n’est cependant pas inhabituelle, d’autres compagnies, notamment françaises, sont coutumières du fait », ajoute la même source.

« Si le pilote avait 12 000 heures de vol et la copilote 7000, soit une expérience importante, et qu’ils avaient fait une grande partie de leur carrière sur McDonnell Douglas, aucun des deux n’avait en revanche volé en Afrique », précise Le Figaro. « Or en Afrique, les conditions météorologiques peuvent être mauvaises, c’est une zone très particulière », explique un pilote qui connaît bien cette région.

Autre élément : l’équipage est parti avec une météo mise à jour plus de 2 heures 30 avant le décollage.

Mardi, onze mois après le crash, Air Algérie a rencontré les familles pour la première fois, avant le rendez-vous avec les juges. La réunion qui s’est déroulée à la Mutualité a été marquée par un changement de ton de la part de la compagnie. « Ils sont beaucoup plus emphatiques », résume une famille, citée par Le Figaro.

« L’instruction judiciaire ouverte en France le 29 juillet, soit cinq jours après le crash, avance mais se heurte à un manque de coopération de la part de l’Algérie. Ainsi, le contrat d’affrètement de l’avion passé entre Swiftair et Air Algérie n’a toujours pas été communiqué aux enquêteurs français. La compagnie se défend en arguant qu’il serait entre les mains du procureur général d’Alger », conclut le journal.



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