Kamel Chekkat, théologien : « la santé sexuelle et reproductive des Algériens toujours prisonnière des tabous »

Une rencontre organisée à Alger autour du thème  des « droits en santé sexuelle et reproductive » organisée à l’occasion du nouveau projet de loi sur la santé non encore adopté; et ce à l’initiative de l’association Algérienne pour la Planification Familiale (AAPF). Nadia Aït Zaï, juriste et avocate a vanté les avancées en matière de lois concernant les violences sexuelles.  Elle cite entre autres cette loi sur le signalement par le personnel soignant des cas de violences. "Avant les médecins, infirmiers et tout le personnel médical n’avaient droit de signaler que les cas de violence commis sur enfants et là nous l’avons élargi aux femmes et  aux personnes âgées". Elle a toutefois critiqué l’article 58 qui a le tort de ne pas citer les cas de viol et d’inceste qui se solde par une grossesse et qui fini par une interruption de grossesse (IG).  Si maître Nadia Zaï a vanté le projet de loi dans son volet santé reproductive et qui est en phase d’être adopté, le médecin Fethi Benachenhou a vivement déploré des textes de loi qui au final ne sont pas forcément adaptés à la réalité. Pour ne citer que cela, il s’est notamment penché sur cette question des infections sexuellement transmissibles (IST) et les maladies sexuellement transmissibles (MST) qui selon lui font des ravages pour le système reproductif. Pour lui, on a bel et bien, un système de santé performant, des lois fiables et ce depuis toujours, mais dans la réalité, le système de santé a beaucoup reculé. Même les PMI (protection maternelle et infantile) ne jouent pas leur rôle. Pour aller plus loin le docteur déplore le fait que le mode contraceptif que connaissent les Algériens se limite à la pillule. A la rencontre a été également convié Kamel Chekkat, théologien, qui devait  aborder le volet religieux concernant la santé sexuelle et reproductive. Sans trop s’étaler sur le volet juridique, médical ou même « religieux » de la santé reproductive, K. Chekkat s’est plutôt penché sur l’aspect social de la santé sexuelle et reproductif.  Pour lui, le poids des tabous en matière de la santé reproductive et sexuelle pèse si lourdement qu’il prend même le dessus sur la religion. Selon  le conférencier, le religieux n’est pas ministre de Dieu et que s’il veut intervenir en matière de sujets concernant la santé reproductive, il lui faut tout un travail.   Pour le spécialiste, concernant la reproduction et la sexualité, on est encore dans une loi de silence. Le message que voulaient faire passer Chekkat et Benachenhou va dans le sens où l’élaboration des lois n’est rien devant la nécessité  de poser des questions de fond pour l’un et surtout que les lois prennent en considération la réalité du terrain avant de voir le jour, pour l’autre.  

Admin

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne