Le président Bouteflika a présidé, mardi 4 octobre, un nouveau Conseil des ministres. Il s’agissait du premier Conseil depuis plus de deux mois, le précédent ayant eu lieu le 26 juillet dernier. Le Conseil des ministres de mardi a principalement servi à approuver le projet de Loi de finances 2017.
| LIRE AUSSI : Basé sur un baril à 50 dollars : le Conseil des ministres approuve le projet de Loi de finances 2017
La situation économique occupe naturellement une place importante dans l’esprit du gouvernement. L’effondrement des cours du pétrole a drastiquement réduit les ressources de l’État, affectant d’autant plus l’équilibre précaire établi par le pouvoir pour maintenir la paix sociale en Algérie. C’est dans cette optique que l’attention du président Bouteflika semble totalement consacrée à trouver de nouvelles sources d’argent, en attendant peut-être l’éventualité que le prix du baril augmente à nouveau. Car, à part scruter l’évolution du Brent sur les marchés internationaux, le pouvoir semble en panne de solution économique.
Cependant, la vie politique en Algérie, aussi indolente soit-elle, continue indépendamment des fluctuations des cours des hydrocarbures. De nombreuses polémiques ont affecté l’Algérie ces dernières semaines sans que le président Bouteflika n’estime nécessaire d’effectuer de rappel à l’ordre ou d’arbitrage. Ainsi, sa ministre Nouria Benghebrit a été sous le feu des critiques de la part de ceux qui s’opposent à la réforme de l’Éducation, les islamistes notamment. La situation a atteint un tel point de gravité que la vie de la ministre a été menacée sur les réseaux sociaux. Nouria Benghebrit a certes reçu un tiède soutien de la part du premier ministre, Abdelmalek Sellal, mais il aurait été logique que le président lui-même s’exprime sur une question aussi fondamentale que la réforme de l’Éducation. Cela n’a pas été le cas.
L’absence de réaction du président face à la cacophonie actuelle au sein du gouvernement interpelle également. Que ce soit entre le ministre du Tourisme Abdelouahab Nouri, et le ministre du Commerce Bakhti Belaïb, ou entre le ministre du Commerce Bakhti Belaïb et le ministre de la Justice Tayeb Louh (encore lui), ou encore entre la ministre des PTIC Houda Feraoun et le ministre délégué Mouatassam Boudiaf, les dissensions et les contradictions publiques entre les membres du gouvernement se font de plus en plus remarquer.
Dans ce contexte, une réaction ferme du président Bouteflika pour rappeler à l’ordre ses ministres (chose qu’aurait d’ailleurs déjà dû faire le Premier ministre) aurait été la bienvenue pour continuer à maintenir l’illusion qu’il existe toujours un capitaine à la tête du navire. Une fois encore, cela n’a pas été le cas. Ainsi, le sentiment d’un gouvernement livré à lui-même continue de subsister et finit par s’imposer comme étant une réalité indiscutable.
Cet article Bouteflika se concentre sur l’économie en ignorant d’autres sujets pressants est apparu en premier sur TSA Algérie.