Arabie saoudite : le gouvernement multiplie les mesures d’austérité pour faire face à la crise

La bourse saoudienne entre dans une phase de « bear market », ou marché baissier. Depuis le début de l’année, elle a perdu plus de 20% de sa valeur. Les mesures d’austérité prises par l’État saoudien semblent avoir entamé la confiance des marchés.

L’indice Tadawul All Share a chuté dimanche jusqu’à son point le plus bas depuis 2011, après l’annonce la semaine dernière de la réduction de 20% des salaires et bonus attribués aux fonctionnaires, qui constituent les deux-tiers des employés saoudiens. L’État a aussi diminué les subventions accordées à la consommation en hydrocarbures, les caisses étatiques ne pouvant plus soutenir une consommation locale effrénée. Le royaume a également décidé de réduire la main-d’œuvre étrangère, de nombreux contrats ayant déjà souffert de retards de paiement.

En conséquence de ces mesures, la consommation a chuté, en particulier dans les domaines de la vente au détail, de l’électricité, du ciment et des médias, selon Reuters. La croissance de l’économie la plus importante du Moyen-Orient devrait être de 1,2% cette année et est estimée à 2% l’an prochain, selon les prévisions du Fonds monétaire international. La hausse récente des prix du pétrole ne devrait pas être déterminante pour la croissance du pays, qui a finalement accepté de réduire sa production lors de l’accord de l’Opep fin septembre à Alger. Pour le royaume, dont l’économie repose essentiellement sur le pétrole, la chute des cours ces deux dernières années a représenté une perte gigantesque.

Afin de remédier au manque de liquidités, la banque centrale saoudienne a injecté plus de 5 milliards de dollars dans les banques ces derniers jours, selon Bloomberg. La banque centrale a également décidé d’un rééchelonnement des prêts à la consommation pour les clients affectés par la réduction des salaires et des bonus.

L’émission obligataire prévue dans les jours à venir par le royaume devrait aussi aider à réduire les pressions, avec une levée possible de 15 milliards de dollars, selon Bloomberg. Pour Raghavan Seetharaman, PDG de la banque qatarie Doha Bank, cité par le même journal, l’Arabie a « raté le coche » et aurait pu réduire les dégâts en lançant cette émission obligataire plus tôt.

Sur le même sujet :

Cet article Arabie saoudite : le gouvernement multiplie les mesures d’austérité pour faire face à la crise est apparu en premier sur TSA Algérie.



Admin

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne