Le Jil’FCE, la branche « jeune » du Forum des chefs d’entreprise (FCE), publie, ce lundi 5 septembre, une étude sur les jeunes entrepreneurs algériens. Quelles sont les obstacles rencontrés, les attentes ou les satisfactions des jeunes créateurs d’entreprise dans le pays ?
Réalisée par le cabinet de consulting BraveHill (BH) auprès de 627 entrepreneurs, cette étude porte sur les « réalités, freins et perspectives » de chefs d’entreprises âgés entre 20 et 39 ans. Contacté par TSA, le directeur général de BH, Mohamed Skander nous livre les principaux enseignements de l’enquête.
Absence de financement : un point noir
En termes de défis et de freins, le principal reste l’accès au financement. Une réalité commune à l’ensemble des catégories d’âge. En effet, 60% des échecs de création d’entreprise sont liés au « manque de sources de financement », indique l’étude. « Il faut développer la culture de la levée de fonds, car elle est inexistante », plaide Mohamed Skander. « Sans cela, on ne créera pas de champions économiques », soutient-il.
Pour y faire face, le DG de BraveHill propose des pistes. Par exemple, l’on pourrait réviser ou compléter le dispositif de soutien à l’emploi de jeunes Ansej, afin de pouvoir intégrer des actionnaires externes dans l’entreprise. Ceci permettrait éventuellement de remédier au manque de financement, selon la même source.
Les banques sont notamment mises en cause par les entrepreneurs interrogés. Seuls 8% d’entre eux ont eu recours au crédit bancaire pour financer leurs projets, tandis que 65% estiment que le manque de fonds propres a freiné leurs ambitions.
Un environnement à revoir
Dans le même temps, les jeunes entrepreneurs interrogés considèrent que l’Algérie est un marché particulièrement intéressant et porteur, indique Skander. Une note positive qui reflète la volonté de ces jeunes d’aller de l’avant et de persévérer.
Cela dit, l’environnement juridique et fiscal algérien reste un poids : 66% des entrepreneurs interrogés jugent que les « lourdeurs administratives et fiscales » sont leur principale déception depuis la création de leur entreprise. Un environnement jugé mauvais par une grande majorité des jeunes chefs d’entreprise.
Autre point noir relevé : une certaine inadéquation entre les formations proposées par le système d’enseignement et les besoins des entreprises. À cet effet, l’étude préconise la création de certaines filières spécialisées dans les universités afin de combler le manque de formation.
Casser des idées reçues
Le dirigeant du cabinet estime que l’étude révèle des éléments à contre-courant de certaines idées reçues. Par exemple, la plupart des entrepreneurs disent ne pas avoir éprouvé de difficultés particulières dans les procédures administratives pour la création d’entreprise.
Par ailleurs, 63% des personnes interrogées ne sont pas issues d’une famille d’entrepreneurs. Dans le même ordre d’idée, plus de la moitié des entrepreneurs disent avoir créé leur entreprise par « challenge personnel », le plus souvent après avoir eu une expérience professionnelle.
Le réseau, ou « maarifa », un passage obligé ?
L’autre enseignement majeur réside dans la perception des jeunes entrepreneurs de la « maarifa ». Un terme qui désigne le fait de disposer d’un réseau et d’appuis. Il semble difficile, aux yeux des entrepreneurs interrogés, de réussir sans cette « maarifa ». Là encore, le principal message est qu’il faut « apprendre aux jeunes que le réseau se crée au fur et à mesure », selon le directeur de BraveHill.
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