C’est une scène inattendue qui s’est produite ce mardi 26 avril devant la zaouïa Ain Merane à Chlef qui accueillait Chakib Khelil dans le cadre de son périple à travers les zaouïas du pays. Un invité surprise et probablement indésirable a décidé de perturber la visite. Il s’agit de Rachid Nekkaz, candidat malheureux à la candidature à la dernière présentielle.
Dès les premières heures de la matinée, Rachid Nekkaz annonçait la couleur sur son compte Facebook, en postant une photo de lui devant la zaouïa, accompagnée d’un commentaire cinglant : « In-Merane (Chlef) : plus de 100 policiers pour protéger le voleur Chakib Khelil dont la place est dans un tribunal pour justifier ses 5 comptes bancaires cachés en Suisse ».
Pour dénoncer la réhabilitation de Khelil, Nekkaz a choisi de se démarquer de l’opposition. Cette dernière, dans un style très classique et sans grande imagination, a encore rédigé des communiqués et fait des déclarations écrites à la presse, avec toujours les mêmes éléments de langage qui provoquent la lassitude.
Rachid Nekkaz, lui, a opté pour le terrain pour dire « non à l’instrumentalisation des Zaouias » et dénoncer le passage en force du pouvoir pour réhabiliter l’ancien ministre, sans passer par la case justice. C’est incontestablement la première fois depuis son retour au pays que l’ancien ministre de l’Énergie est perturbé. Ses premières virées dans les Zaouïas se sont déroulées dans un climat paisible. Jamais Khelil n’avait été inquiété, ni par la population encore moins par les déclarations de l’opposition.
Que faut-il retenir de l’action de NekKaz largement partagée et commentée sur les réseaux sociaux ? D’abord l’homme, en dépit de sa brève expérience dans le domaine politique, a compris rapidement que l’opposition des communiqués et des salons ne mènent à rien en Algérie.
Que ce chemin pris par la plupart des partis de l’opposition, sinon tous, est sans issue et arrange surtout parfaitement le pouvoir. Ce dernier peut toujours exhiber les communiqués de l’opposition pour dire à la communauté internationale : « Regardez, nous avons une opposition très virulente ! ».
Contrairement aux leaders de l’opposition, Rachid Nekkaz sillonne inlassablement le pays depuis plusieurs mois. Il visite les coins les plus enclavés, va à la rencontre de la population, prend des risques quitte à se faire embarqué dans un camion de police.
Sans intermédiaire, il développe ses opinions, dans un discours simple et pragmatique que tous les Algériens comprennent. Sur les plateaux de télévision, il est imperturbable, dit ce qu’il pense franchement et clairement. Il est le seul à avoir appelé à plusieurs reprises à des rassemblements devant la Grande poste d’Alger, ignorant les interdictions de manifester dans la capitale. Une méthode qui tranche avec les anciens réflexes de l’opposition algérienne.
Parti avec un déficit de popularité et de crédibilité importants, ce franco-algérien qui a fait fortune dans l’immobilier en France, a su, patiemment, s’imposer sur la scène politique nationale. Dans la rue, l’homme compte des milliers de sympathisants, attiré par son discours, ou fasciné par cette nouvelle façon de faire de la politique, loin des méthodes de plus en plus dépassées d’une opposition frileuse et en manque d’imagination.
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