À 26 ans, Nadia Bettoutia a déjà changé d’itinéraire plusieurs fois. De la sociologie aux langues, elle a fini par se laisser guider sans résister par sa passion pour la chaussure.
Depuis novembre dernier, Nadia Bettoutia est la nouvelle et probablement l’unique designer employée par l’entreprise publique manufacture de chaussures de ville (Macvil) ex-Sonipec. Un métier qui n’existe pas en Algérie. La formation non plus. Nadia a appris seule. Pour les techniques et les perspectives, elle a suivi un cycle très court de formation dans un institut de dessin à Alger.
Nadia Bettoutia dans son atelier – © TSA Algérie
C’est dans ce qui va devenir bientôt l’ex-siège de Macvil, à Bordj Kiffan, que la jeune créatrice nous accueille. La vieille bâtisse, qui date des années 1950, longe la ligne du tram. Elle semble presque à l’abandon. À l’intérieur, peu de monde et beaucoup de cartons ; le personnel s’apprête dans quelques jours à rejoindre son nouveau siège à Cheraga. Dans le bureau de l’artiste, des croquis sont accrochés sur tous les murs. Des chaussures pour femmes sont entreposées ça et là.
© TSA Algérie
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Collection été 2016
Sur le bureau, un crayon, des feutres et du papier canson. Nadia travaille à donner une forme à toutes les idées qui se bousculent dans son imaginaire. Un imaginaire qu’elle puise dans des coups de cœurs produits par des designers très connus de par le monde, à l’image du Franco-Algérien Karim Oumnia. Ensuite, elle livre le tout à une équipe de modélistes qui se chargent de donner vie au croquis.
Cette année, elle participe au lancement de la collection été 2016. « Elle sera colorée et comptera deux modèles ballerines et deux autres en escarpins. Je suis heureuse de pouvoir contribuer à la relance des chaussures de ville. Il faut dire que depuis très longtemps, c’était plutôt la chaussure sécuritaire (rangers, pataugas,…) qui était produite par l’entreprise », confie-t-elle.
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De nouveaux tons plus tendance
Ça sera du 100% cuir, mais aussi du synthétique, c’est sa touche personnelle. Du synthétique à l’extérieur et du cuir pour la semelle à l’intérieur. « Moins chère et plus accessibles, c’est l’idée de base. Notre entreprise a de tout temps produit que du 100% cuir. J’ai tout de suite voulu introduire une matière plus souple, le synthétique me paraissait le plus indiqué », précise-t-elle.
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Sur le marché algérien, le noir, le bordeaux ou encore le bleu seront agrémentés par de nouveaux tons plus tendance : le nude, l’effet miroir, le bronze, le rose doré… Elle espère que la tendance va prendre et qu’un potentiel se créera au vu de la concurrence avec la chaussure chinoise ou encore italienne. Mais elle avoue : « Avant de travailler ici, je n’avais jamais entendu parler de la Sonipec. C’est ma mère qui m’a conseillée d’y postuler ».
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