Une trêve est entrée en vigueur en Syrie ce samedi à minuit heure locale (22h GMT). Elle a été pour l’heure globalement respectée dans les zones concernées, où les habitants ont pu profiter d’un exceptionnel moment de quiétude. Il s’agit en effet de la première trêve d’une telle ampleur depuis le début du conflit syrien il y a cinq ans.
Fruit d’un accord entre la Russie et les États-Unis, le cessez-le-feu concerne les forces du pouvoir syrien de Bachar al-Assad, soutenues par la Russie, ainsi que près de 100 factions rebelles dont le Haut Conseil pour les négociations (HCN), principal organe d’opposition soutenu par l’Arabie Saoudite qui regroupe des groupes rebelles clés. Le HCN a annoncé qu’il acceptait une trêve de deux semaines. Ces groupes sont disséminés un peu partout en Syrie. Les forces kurdes YPG (unités de protection du peuple), premier allié de la coalition occidentale contre l’État islamique en Syrie, ont également accepté la trêve, précisant se réserver le droit de riposter si elles étaient attaquées.
La cessation des hostilités ne concerne pas l’État islamique (Daech) et le Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda. Ces derniers, ayant été exclus de l’accord russo-américain, continueront de faire l’objet de frappes aériennes. Selon des experts cités par RFI, la trêve ne devrait concerner que seulement 10% du territoire syrien, Daech et al-Nosra occupant à eux seuls près de la moitié de la Syrie. Le Front al-Nosra a d’ailleurs dénoncé la trêve et appelé tous les rebelles à intensifier leurs attaques contre les forces gouvernementales et leurs alliés chiites libanais et iraniens. La Turquie a quant à elle affirmé que la trêve n’est « pas contraignante » pour elle. Tous ces éléments donnent un caractère fragile à la trêve.
Le cessez-le-feu offre surtout une opportunité à l’ONU de relancer le processus de paix, actuellement au point mort. L’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a annoncé son intention d’organiser trois semaines de discussions de paix à partir du 7 mars, rapporte France 24. La reprise des négociations dépendra toutefois de la solidité de la trêve et du plus grand acheminement de l’aide humanitaire.
Le Haut comité pour les négociations a d’ores et déjà conditionné le respect de la trêve à la mise en œuvre immédiate des dispositions humanitaires de la résolution 2254 des Nations unies, qui somment les belligérants de permettre l’entrée de l’aide humanitaire dans toutes les zones assiégées et de libérer leurs prisonniers, notamment les femmes et les enfants. « La non-application de ces articles pendant la trêve équivaut à sa violation », a prévenu le HCN.
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