Cet appel s’adresse à tous les politiques, les militaires, les figures historiques et tous les anciens responsables qui s’accusaient mutuellement ces derniers jours. Ces derniers traitaient de sujets et lançaient des débats byzantins qui vont plutôt nous détourner des affaires nationales plus importantes qui concernent le sort de la Nation et l’avenir des générations. Ces échanges ne font que remuer le couteau dans la plaie déjà béante de la société qui fait face à des défis politiques, économiques, intellectuels et moraux plus importants que cette polémique stérile au sujet d’étapes historiques qui n’ont plus aucun impact aujourd’hui.
L’appel s’adresse aussi à tous les lâches, les opportunistes, les pseudos politiques et les sous-hommes qui osent critiquer des hommes qui ont quitté leurs postes, après avoir mangé dans leurs mains, en affichant leur fierté de les avoir connu ou même en rêvant de leur parler au téléphone et recevoir leurs appels. Ceux-là et ceux-ci vont se retourner prochainement contre Bouteflika et le poignarderont dans le dos car ils n’ont ni principes, ni morale. Leur seul slogan est la soumission, la flatterie et le rapprochement du plus fort qu’ils n’hésiteront pas à trahir lorsqu’il mettra le genou à terre.
Ces viles pratiques et ces accusations irresponsables qui émanent de certains politiques, des moudjahidin, des militaires et d’anciens responsables nuisent à leurs auteurs auxquels nous n’aurons plus la même considération. Elles portent également un sacré coup à notre passé révolutionnaire et historique, comme elles ne nous aident pas dans l’édification d’un État et dans notre tentative de dépasser nos querelles, nos divergences actuelles et tous les abus que subit la Patrie.
Il est vrai que notre histoire ancienne et récente est minée, complexe et pleine d’épisodes glorieux et douloureux en même temps, comme tous les peuples et toutes les nations. Tout le monde s’accorde à dire que nos ancêtres ont commis des erreurs, comme ils ont réalisé des succès. Ils ont assumé de lourdes responsabilités qui exigeaient d’eux des prises de décisions difficiles dans des conditions exceptionnelles. Cela ne devrait néanmoins pas nous permettre de noircir le tableau et de douter des intentions et du nationalisme de chacun de nous, car les nouvelles générations risquent d’adopter les mêmes pratiques. La calomnie ainsi que la falsification des réalités mèneront vers davantage de tensions, de rancunes et de haine.
Celui qui veut écrire sur l’histoire n’a qu’à produire ses mémoires objectivement, sinon il n’a qu’à se taire. Il doit laisser la place aux historiens et aux spécialistes pour écrire l’histoire avec objectivité et neutralité. Celui qui veut régler ses comptes en vue de plaire à ses maîtres afin de gagner des postes et des positions, ainsi que celui qui veut nous distraire et détourner notre attention de l’escroquerie actuelle, doit savoir que nous sommes conscients et que nous ne leur permettrons pas de voler nos rêves et notre patrie.
Nous attendions de tout ce monde une contribution de qualité au débat intellectuel, politique, scientifique et même historique qui nous aidera à tirer les leçons et éviter de tomber dans des erreurs similaires à l’avenir. Nous souhaitions que les moudjahidin et les anciens responsables aient une culture d’État lorsqu’ils racontent des faits. Nous aurions aimé qu’ils mettent de côté les petits détails et qu’ils évitent cet échange d’accusations et ce règlement de comptes personnels au détriment des institutions de la République ainsi que des personnalités nationales et historiques, qui faisaient jusque-là notre fierté.
Même certains médias auraient dû fermer leurs tribunes devant les lâches et les opportunistes. Ils auraient dû éviter de remuer ces questions sensibles qui pourraient aggraver les blessures. Ils devaient respecter la déontologie et tenter d’ouvrir des débats intellectuels, politiques, sociaux et économiques pour constituer une opinion et éclairer le public en informant les citoyens. C’était cela leur mission et non pas celle d’insister sur les déclarations contradictoires et irresponsables qui accentuent la rancune et la colère et poussent au désespoir et au doute.
Il est naturel que l’histoire soit en mesure de rétablir les hommes et de corriger les mensonges. Il ne faut pas par contre que cela soit au profit des tenants du pouvoir et au détriment des morts, de ceux qui ont quitté leurs postes, des valeurs, de la morale, des principes, des sacrifices des martyrs, des moudjahidin, des honnêtes et des sincères qui ont assumé des responsabilités dans les moments difficiles. Ils ont réalisé des succès, comme ils ont commis des erreurs.
Laissons tomber cette clownerie politique que pratiquent certains pseudos politiciens, produits du système Bouteflika. Il ne faut pas trop s’occuper des querelles marginales et perdre de vue ce que fait Amar Ghoul et sa clique. Ce dernier a appelé toutes ces parties au silence et à s’imprégner d’une culture d’État. Mais cet appel contient, entre les lignes, une véritable atteinte à ces hommes qu’il n’a pas osé citer alors qu’il rêvait de les satisfaire lorsqu’ils étaient en poste.
La Patrie est plus importante aujourd’hui que cette guéguerre qui opposent ceux qui devaient pourtant être à la hauteur du défi imposé par la conjoncture interne et externe. Une conjoncture qui impose la mise en branle de la troisième voie qui sera soutenue par des millions d’Algériens qui constituent la majorité silencieuse.
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