La culture algérienne gravement malade !

En cinquante ans d’indépendance, nous avons eu un nombre impressionnant de ministres de la culture qui se sont succédé à une vitesse incroyable depuis la fin de l’ère Boumédiene. Seul Taleb El Ibrahimi et Khalida Toumi ont régné très longuement sur le secteur. Le premier a été surtout un censeur puritain et réactionnaire. La seconde qui est d’une culture prodigieuse a fait ce qu’elle a pu mais elle a souvent choisi des hommes incompétents et rarement intègres.

Ainsi c’est elle qui a nommé ( Par mégarde ?) à la tête du CNL ( Centre national du livre) un certain Mokhtar Ben Dif qui a vendu à un prix exorbitant, une très grande librairie située rue Didouche Mourad qui lui avait été cédée par l’État au dinar symbolique. Mokhtar Ben Dif n’a jamais écrit un livre. Pourquoi Khalida Toumi l’a-t-elle nommé à ce poste où il n’a strictement rien fait et surtout où il a fait la chasse aux vrais écrivains du pays. En effet aucun écrivain digne de ce nom ne fait partie du CNL !

Une autre erreur de Khalida Toumi : la nomination de Mostafa Ourif à la tête de l’AARC (Agence algérienne pour le rayonnement de la culture), qui n’avait pas bonne réputation à l’époque, et qui a d’ailleurs été très vite « débarqué » à cause des casseroles très nombreuses qu’il traînait derrière lui. Et une autre erreur – encore ! – : avoir dévié la Villa Abdellatif de sa vocation première et en avoir fait le siège ( buraucratique !) de l’AARC.

Le nouveau ministre, Azzedine Mihoubi, ne fait, depuis son arrivée, que gérer le ministère avec les mêmes hommes hérités de tant d’autres ministres et qui sont les vrais maîtres des lieux. Cette bureaucratie pléthorique se méfie surtout des artistes et autres créateurs qui font la réputation du pays. C’est d’autant plus navrant que Azedine Mihoubi est, lui-même, un écrivain qui touche à tous les genres : poésie, romans, opérettes, scénarios et chansons, etc. Et c’est formidable ! Il connaît donc les méfaits de la bureaucratie arrogante et inculte, qui produit de la stagnation et de la mort lente qu’elle fabrique tous les jours dans les couloirs du ministère.

Pourquoi ne bouge-t-il pas ? Pourquoi continue-t-il à gérer des salles de cinémas fermées, des musées vides, des films médiocres ? Des coquilles vides ? Pourquoi ?

Lorsque le musée du MAMA a été inauguré, j’avais écrit qu’il était beau mais qu’il restera une coquille vide. C’était il y a une quinzaine d’années. J’ai eu raison ! Mais je regrette – amèrement – d’avoir eu raison…

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