Lecture de la semaine : rencontre avec Zoulikha Bekaddour

Cette semaine, TSA est allé à la rencontre de Zoulikha Bekaddour, moudjahida, première élue du bureau exécutif de la section d’Alger au sein de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA en 1955),  qui nous propose un aperçu de son livre intitulé : « Ils ont trahi notre combat. Mémoires d’une rebelle dans la guerre et l’après-guerre ».Un ouvrage paru aux éditions Koukou en 2014 (250p).

Ce livre autobiographique retrace « toute la vie de Zoulikha Bekaddour, plus précisément son parcours de combat durant la Révolution; de la prise de conscience, l’engagement dans la lutte pour la libération de l’Algérie à son arrestation, détention… »

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« Au travers de ces mémoires, je livre tout mon itinéraire emprunté avec mes frères et sœurs de lutte pour restituer à l’Algérieson indépendance. Ayant grandi dans un milieu nationaliste, dès 1955, en rejoignant les bancs de l’université d’Alger pour des études de lettres, j’ai entamé mon militantisme au sein de l’Ugema. Une période marquée notamment par la grève des étudiants le 19 mai 1956 , qui m’a permis de rencontrer des hommes éminents dont Amara Rachid, Maurice Audin, Pierre et Claudine Chaulet, André Mandouze, et bien d’autres ». Dans la clandestinité, elle quittera Alger pour rejoindre la wilaya V à Oran où elle rencontra le docteur Nekkache, « il  m’a formée ainsi que d’autres étudiants pendant trois semaines dans le but de prodiguer les premiers soins pour la population et les maquisards ».

Zoulikha Bekaddour se retrouve au cœur de l’action, devient agent de liaison du chef-adjoint de l’ALN-FLN de la wilaya V. Dans la même année, elle sera arrêtée. « En novembre 1956, je fus incarcérée à la prison d’Oran, puis transférée en 1957 à celle d’El Harrach où je me retrouve avec neuf autres militantes dont le nombre atteint les cinquante en 1958.  Les événements se succédèrent, pour être assignée plus tard à résidence, expulsion à Paris en 1960 puis j’ai rejoint Tunis via la Suisse. Le GPRA m’a pris en charge et me désigna comme missionnaire pour porter la voix de la cause algérienne à l’étranger notamment Budapest, Bagdad et l’Autriche ».

À l’indépendance, Bekaddour rentre en Algérie « pour diriger la bibliothèque universitaire incendiée auparavant par l’OAS et à la laquelle je me suis consacrée de 1965 à 1986, cette dernière, date de mon départ forcé, le 9 mars, parce que j’ai dénoncé une politique de destruction qui se pratiquait à l’ époque,  je dérangeais en quelque sorte ».

« La  jeune génération doit prendre connaissance du sacrifice qu’a fait une population d’hommes, femmes et enfants, moi je ne tire aucun mérite du combat que j’ai mené, je n’ai fais qu’accomplir mon devoir. Notre jeunesse en quête de vérité et de preuves historiques a besoin qu’on lui dise ce qui s’est réellement passé ».



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