C’est le bilan établi dans le cinquième rapport d’un collectif de cinq associations (Cimade, Ordre de Malte France, France terre d’asile, Assfam et Forum Réfugiés) pour l’année 2014. Il en ressort que la France enferme plus que ses voisins espagnoles, belges, allemands ou anglais avec « près de 50 000 personnes […] privées de liberté dans les centres et locaux de rétention administrative, soit une hausse de 9% par rapport à 2013 ».
Un enferment « inutile » pour les ressortissants européens
Les ressortissants européens n’échappent pas à la détention et à l’expulsion quand bien même ils sont en droit de circuler librement dans l’espace Schengen. Parmi les personnes éloignées de force, « 28% sont des ressortissants communautaires, essentiellement des Roumains », révèle l’association France Terre d’Asile dans un communiqué. Outre les Roumains, les Albanais constituent la première nationalité expulsée hors de l’hexagone (74,8% ont été renvoyés vers leur pays) et le quatrième groupe de population maintenue en détention. Parmi les trois premières nationalités, on retrouve les Tunisiens, les Marocains ainsi que les Algériens.
Le trio de tête maghrébin
En 2014, ce sont précisément 3 663 Tunisiens, 2 474 Marocains et 2 187 Algériens qui ont été enfermés en France. Ces trois nationalités représentent à elles seules « 14,4% des personnes expulsées » hors des frontières françaises. On apprend également que les ressortissants du Maghreb sont ceux qui restent le plus longtemps enfermés avec une durée de détention qui peut atteindre les 32 jours. Pour les Algériens, la durée moyenne d’enfermement est de 15 jours. Un délai qui s’allonge et qui peut aboutir sur des « actes de désespoir, des souffrances inutiles et des traumatismes », indique ce rapport qui dénonce également une absence de droits et les méthodes répressives utilisées à l’encontre des migrants en rappelant le cas de ce ressortissant algérien décédé durant son second transfert vers l’aéroport le 21 août 2014.
Toujours plus de personnes enfermées dont… des enfants !
En 2014, ce sont exactement 5 692 enfants qui ont été enfermés contre 3 608 en 2013. Un chiffre qui a augmenté malgré la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme en 2012.