Inès Ibbou, la jeune pépite algérienne, a fait l’objet d’un article sur le site internet du prestigieux tournoi de Wimbledon. Elle se confie sur son parcours, sa vie quotidienne et sa « solitude ».
« La vie solitaire d’une joueuse de tennis algérienne »
Service-volée : le titre et l’accroche s’enchaînent sur le fait que la vie d’un joueur de tennis est souvent décrite comme solitaire. Mais ce serait encore plus le cas pour une Algérienne de 16 ans. Elle est la seule joueuse junior en Algérie et tous les espoirs du tennis algérien reposent sur ses jeunes épaules. Les 6 autres Algériens au classement ATP figurent au-delà des 1500 premiers…
Inès Ibbou a dû batailler pour réaliser « son rêve » de devenir joueuse de tennis. Il a fallu convaincre sa famille et son entourage, malgré l’absence de perspectives en Algérie. La jeune fille a pris sa décision à l’âge de 10 ans. Ses parents et amis ont dit que c’était « fou », ne serait-ce que pour une question d’emploi du temps scolaire.
« Je ressens beaucoup de pression »
Désormais sollicitée de toute part, la jeune Inès dit ressentir beaucoup de pressions. « On ne parle que de moi partout », dit-elle. Elle enchaîne les émissions de télévision et de radio et toute cette activité finie par peser lourd. De plus, elle a désormais la lourde responsabilité de représenter tout un pays. En effet, les espoirs d’une Nation reposent sur ses épaules, ce qui est « parfois difficile à gérer », concède-t-elle.
Des terrains rocailleux et enherbés à ses débuts
Pourtant, la jeune Inès est scolarisée à domicile, ce qui est, de son propre aveu « très, très dur ». Un des nombreux sacrifices nécessaires pour pouvoir se consacrer à sa passion. Elle a fait ses débuts sur des terrains pleins de pierres et envahis par l’herbe. « Nous n’avons pas de terrains couverts », donc la saison hivernale est consacrée exclusivement au travail physique. Paradoxalement, c’est ce manque d’infrastructures qui a poussé la jeune tenniswoman à redoubler d’effort, à se surpasser et à « atteindre le niveau qui est le sien » aujourd’hui.
Un avenir prometteur
Cette détermination, propre aux grand champions, est perceptible dans ses propos : « Ce n’est pas grave, dit-elle, c’est normal, il faut des sacrifices pour atteindre le niveau professionnel » et se dit « très heureuse comme ça ». Son départ en septembre pour une académie de formation en Espagne fait également partie de ces « sacrifices normaux ». Il lui est pénible d’être éloignée de sa famille mais nécessaire pour atteindre le haut niveau.
C’est justement son objectif : atteindre le top 20 du classement junior, multiplier les rencontres et participer à des tournois du Grand Chelem la saison prochaine.
Son rêve, sans surprise, est d’un jour soulever un trophée d’un de ces tournois majeurs du circuit international.